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Fait à Savigny-sur-Orge,
Le 23 novembre 2020,

Monsieur le maire, Le projet de loi sur la Sécurité globale est actuellement examiné. La question importante de l’armement des policiers municipaux est au cœur de l’actualité et des débats parlementaires. À ce titre, je souhaitais vous interpeller. Vous êtes le premier magistrat dans votre commune. Cette fonction vous donne des droits, mais aussi des devoirs. Ainsi, vous devez défendre les agents de votre police municipale contre les menaces, les violences, les voies de fait, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes dans l’exercice de leurs fonctions (comme le précise le décret 85-603 du 10 juin 1985 modifié par le décret 2008-339 d’avril 2008).

Vous êtes garant de la sécurité de vos administrés mais aussi de ceux qui en assurent leur sécurité. Je dois vous avouer mon incompréhension, voire ma consternation de constater votre obstination à ne pas vouloir armer votre police municipale. Vous le savez, les policiers municipaux sont confrontés dans leur quotidien aux actes de délinquance de plus en plus violents, à la guerre contre le terrorisme islamiste : les armer, d’une arme leur permettant de tenir leur agresseur à distance, donc nécessairement létale, est une exigence.

Dois-je vous remémorer l’horrible tentative de meurtre perpétrée contre des policiers à la Grande- Borne. Des cocktails Molotov avaient été jetés en direction des agents à l’intérieur des voitures. Je vous rappelle qu’une partie de la Grande Borne est située sur votre commune. Les forces de l’ordre sont malheureusement confrontées à cette haine anti-flics. Comme les policiers nationaux, les policiers municipaux portent aussi l’uniforme et représentent l’ordre et l’autorité. Ils sont donc aussi des cibles potentielles et peuvent faire l’objet de violentes agressions. À Nice, ce sont les policiers municipaux, en première ligne, et primo-intervenants qui ont fait preuve d’un courage exceptionnel et d’un dévouement sans limites dans l’attaque terroriste perpétrée jeudi 29 octobre en la basilique Notre-Dame qui a fait trois morts. L’assaillant a pu être neutralisé par les policiers municipaux parce que ces derniers étaient armés. Vous ne pouvez pas d’un côté vous contenter de postures de fermeté sur les plateaux de télévision, et de l’autre mettre à la disposition de vos agents qui sont sur le terrain seulement des pistolets à impulsion électrique, bâtons de défense et des gilets pare-balles.

Bien évidemment, ces moyens sont plus que nécessaires, mais pas suffisants par rapport au climat de violence délétère, à l’ensauvagement de notre société, et au terrorisme islamiste qui frappe notre pays. Ne pas les armer est donc particulièrement inconscient. Vous ne pouvez pas par idéologie continuer à être défavorable à l’armement de votre police municipale. Viry-Châtillon reste la seule commune de la septième circonscription de l’Essonne à ne pas procéder à l’armement de ses agents. Robin RÉDA, député de la septième circonscription, ancien maire de Juvisy-sur-Orge, et appartenant à la même famille politique que vous, a, lui, procédé à l’armement des policiers municipaux.

Ne pas armer vos policiers municipaux, c’est donc les mettre en danger. Pensez-vous sincèrement qu’un policier municipal puisse faire face à un assaillant islamiste déterminé à tuer avec seulement des bâtons de défense ? Je vous rappelle la mort tragique de Clarissa Jean-Philippe, policière municipale à Montrouge non armée, abattue froidement par Coulibaly, terroriste islamiste.

Ne pas armer les policiers municipaux d’armes létales constitue à mon sens une mise en danger d’autrui. Monsieur le maire, je vous demande solennellement de mettre tout en œuvre pour protéger votre police municipale.

En vous remerciant par avance de votre bienveillante attention et retour,

Je vous prie d’agréer, Monsieur le maire, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Audrey GUIBERT, Déléguée départementale du Rassemblement National de l’Essonne, Conseillère régionale d’Ile-de-France.